Ubuntu 17.10 : Nouveautés ou recyclage ?

ubuntu-17.10 Artful Aardvark

Depuis le 19 octobre dernier, Ubuntu 17.10 (Artful Aardvark) est disponible en version stable. Un gros buzz autour de ce dernier est apparu depuis quelques mois lors de l’annonce de l’abandon de Unity, cet environnement de bureau (ou plus exactement cette interface graphique pour l’environnement de bureau Gnome3) qu’on aime détester, et de fait l’abandon de Mir, le serveur d’affichage « made by Canonical« . Ces 2 projets étant développés exclusivement par et pour Ubuntu, ils étaient souvent accusés de fragmenter le monde du logiciel libre, en gros… Le fait que Mark Shuttleworth décide de revenir à Gnome3 et de passer à Wayland pour le serveur d’affichage à donc sucité de nombreuses questions (Et de nombreux trolls pour la plus grande joie des modérateurs de forums).

Ces modifications sont donc internes au système d’exploitation et pas ou peu visibles par l’utilisateur lambda, mais l’abandon des technos-maison ont aussi apportés une nouvelle expérience utilisateur pour qui n’a jamais touché un Gnome3 pur et dur. Pour ceux qui connaissent déjà à la fois Unity et Gnome3, on se sent comme à la maison après quelques secondes d’utilisation.

 

Voyons de plus près ce qui change pour l’utilisateur.

Tout d’abord, nous retrouvons à gauche l’habituel Launcher à gauche du bureau, ce qui est devenu la marque de fabrique de cet OS et qui a permis de a nombreuses personnes d’affirmer que les ingénieurs de la NASA l’utilisent ou qu’on le voit dans leur série préférée. Il est beaucoup plus transparent, et si nous regardons un peu plus haut, la top bar l’est ausi. Mais globalement on reconnait dès le premier coup d’oeil la patte Canonical.

 

Si nous ouvrons une fenêtre (un explorateur de fichier par exemple) et qu’on le maximise, nous pouvons voir que le launcher et la top bar deviennent gris. Nous pouvons aussi voir que le haut de la fenêtre ne se fond plus avec la barre, ce qui permettait sur les petits laptops (Comme sur mon ThinkPad X201 de 12 pouces) de gagner quelques précieux pixels. Mais rien de dramatique au final, tout a été agencé pour ne pas perdre autant de place que sur Gnome3.

Ubuntu 17.10 file explorer

Ubuntu 17.10 file explorer

Nous pouvons voir ci-dessus que les boutons de la fenêtre sont à gauche, mais par défaut ils sont à droite, comme sur Gnome3. Je les ai changé de côté manuellement (Explications un peu plus bas).

 

Si nous appuyons sur la touche Host de notre clavier (La touche Windows), nous voyons un menu que les habitués de Gnome3 reconnaitront au premier coup d’oeil. Les raccourcis à gauche (Ici c’est juste le launcher habituel), l’affichage des apps ou des résultats de recherche au milieu, et les bureau virtuels dynamiques à droite.

Ubuntu 17.10 menu

Ubuntu 17.10 menu

 

Les raccourcis sont les mêmes que sur Gnome3, ce qui perturbera probablement les habitués de Unity, qui avait ses propres raccourcis pour certaines tâches. L’affichage est très fluide, très lisse, très réactif.

<div style= »langueDePute:true »>Et pour une fois, je  n’ai eu aucun crash ou affichage d’erreur, ce qui était très courant après chaque nouvelle installation.</div>

Pour le reste, rien ne change, ou très peu. Les apps sont les mêmes, Amazon est toujours présent mais ouvre désormais un nouvel onglet dans le navigateur par défaut, l’activation d’un VPN peut se faire en un clic dans le menu en haut à droite, l’heure est affichée au centre de la top bar comme sur Gnome3 et se modifie aussi dans Gnome Tweak Tool, bref, rien de bien déroutant. Enfin « rien de bien déroutant » peut-être parce-que je suis habitué à la fois à Gnome3 et Unity depuis leurs sorties respectives, mais je pense que même une personne qui n’a jamais touché à autre chose que Unity finira après quelques heures d’utilisation par prendre ses repères (Puis il faut s’attendre à ce que Unity soit maintenu par des volontaires ou à ce qu’un fork voit le jour prochainement).

 

Pour finir, si les boutons à droite de la fenêtre vous perturbent, vous pouvez les changer de côté. Mais bien évidemment, il vous faudra installer Gnome Tweak Tool

 

Pour ce faire, ouvrez un navigateur et tapez « sudo apt install gnome-tweak-tool »

ubuntu 17.10 installation gnome-tweak-tool

 

Une fois installé, ouvrez-le (vous le trouverez en tapant juste « tweak » dans le menu), allez dans la partie Windows et en bas de la fenêtre, vous pourrez voir l’option Placement qui vous permet de changerles boutons de côté.

ubuntu 17.10 settings gnome-tweak-tool

 

Pour les autres options, le Dark Theme n’est pas fonctionnel (Les goths ne sont pas les bienvenus ici) et la fonction Pointer Location qui permet de repérer le pointeur de la souris en appuyant sur la touche Ctrl (Pratique quand on bosse sur de très grands moniteurs) ne fonctonne pas non plus. Pour le reste, les habitués de Gnome3 retrouveront ici aussi rapidement leurs repères et pourront customiser leur environnement en quelques clics.

En arrière-plan, quelques améliorations ont aussi été apportées. La connexion aux WIFI public a été simplifiée (Pour le bonheur des digital nomads) avec le support de captive portals, et le support d’impression sans fil avec  IPP Everywhere, Apple AirPrint, Mopria, and WiFi Direct. Les éditeurs Atom et Microsoft Visual Studio Code sont maintenant supportés, et les habituelles améliorations de support hardware et de sécurité sont au rendez-vous (Sans oublier que Wayland à lui seul améliore cette sécurité).

 

Si Ubuntu 17.10 n’est pas à proprement parler une révolution, je pense que ce retour en arrière (Vers Gnome) est un très grand pas en avant aussi bien pour l’utilisateur lambda que pour la communauté du logiciel libre. Seul Canonical doit avoir un arrière-goût de défaite dans sa quête de convergence avec Ubuntu Edge, leur principale motivation pour développer Unity et Mir. Ce projet a été repris / volé / détourné (Rayez les mentions inutiles) par Microsoft avant qu’il n’ait pu voir le jour, à cause d’un développement probablement trop long, à cause d’un manque de moyens évident, à cause d’une communauté libre qui n’a jamais été aussi fragmentée qu’à cette époque. Ce dernier point n’a désormais plus raison d’être, nous pouvons enfn leur dire « Welcome back, we missed you !« .

 

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